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Zadar

Zadar, qui compte à peine 110'000 habitants, est le centre culturel et économique du nord de la Dalmatie.

A une certaine époque, elle fut même la capitale de toute la région. Les Libournes, une tribu illyrienne qui peupla le nord de la Dalmatie, y fondèrent jadis une colonne du nom de Jadera (Jader). Par la suite, les Romains évincèrent les Libournes et réaménagèrent la ville. Le plan actuel de Zadar est un legs de cette époque.

Au sein de ses remparts, les occupants construisirent un capitole, un forum, un théâtre, des thermes, et même des canalisations. Un aqueduc de 35km édifié sous le règne de l’empereur Trajan reliait Zadar au lac Vransko, au sud.

A l’époque des grandes invasions, Zadar fut la seule à faire front aux offensives des Avars. Les tribus slaves, toutefois s’établirent dans l’arrière-pays fertile et ne tardèrent pas à faire de Zadar une ville croato-romane. Officiellement, elle dépendait de l’empire byzantin, mais la réalité était tout autre.

Depuis le XIème siècle, plusieurs seigneurs, dont les rois de Croatie et de Venise, se disputaient la ville, tandis que le « Grand Conseil » l’assemblée des citoyens de Zadar, revendiquait son autonomie.

Au début du XIIIème siècle, la Sérénissime mit ses vaisseaux à la disposition des croisés pour traverser l’Adriatique, non sans exiger une contrepartie, Zadar devait être mise à feu et à sang.  De toutes les cités dalmates, l’ancienne Jader était en effet celle qui avait opposé la plus forte résistance à Venise. En 1202, le doge Dandolo conquit la ville avec l’aide d’une armée de croisés français,  en 1358, elle tomba aux mains des Hongrois.

En 1409, la cité des Doges triomphait à nouveau, le roi hongrois Ladislas lui cédait la ville et le littoral pour la somme de 100 000 ducats. Rebaptisée Zara par les Vénitiens, la cité devint le siège du Proveditore (gouverneur) de Dalmatie et d’Albanie. L’agriculture se développa dans l’arrière-pays, tandis que l’artisanat florissait de ville en ville.

Venise, qui s’était instituée partenaire commerciale exclusive de Zadar, était la première à profiter de cet essor. Aucun produit ne pouvait être exporté ailleurs que vers la Sérénissime, qui, en outre, prélevait deux fois plus de taxes sur les importations provenant de pays-tiers. Les habitants de Zadar n’avaient pas le droit de stocker des denrées pendant plus de quatre jours. Venise fit de Zadar son principal bastion face à l’avancée de l’armée ottomane sur la côte adriatique orientale.
 

A la découverte de Zadar…

Le centre historique de Zadar s’étend sur une étroite péninsule. Seule deux des quatre portes, que possédait la ville à l’origine, subsistent.  La porte de la Mer, qui s’ouvre sur le port et la porte de la Terre, à l’est, que l’on franchit pour accéder à la presqu’île.  Il est préférable de commencer la visite de la vieille ville par la Kopnena vrata (porte de la Terre), érigée en 1543 sur des plans de Michele Sammicheli, un architecte italien de la Renaissance.

De style baroque tardif, le sarcophage en argent de saint Siméon qui trône devant le cœur est un chef d’œuvre d’orfèvrerie. Il fut réalisé entre 1377 et 1380 par le Milanais Francesco da Sesto, secondé par des artistes de Zadar. C’est la reine Elisabeth de Hongrie épouse du roi hungaro-croate, Louis 1er d’Anjou, qui en commande l’exécution.

D’une longueur de 1,92 pour 80 cm de large et 1, 27m de haut, le sarcophage est orné de scènes retraçant la vie du saint, mais aussi d’épisodes historiques de l’époque. On reconnaît notamment l’arrivée triomphale du roi Louis à Zadar, lorsqu’il ramena les reliques sacrées dérobées par les Vénitiens.

 

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